Tout de suite la suite ! Pour le fameux « Monde d’Après »... on veut quoi ?

mercredi 29 juillet 2020
par  Mutos
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Autour du fameux « Monde d’Après », les idées fusent et chacun y va de ses revendications ! Voilà qui est très bien, car cette crise aura au moins eu le mérite de redonner la parole au plus grand nombre !

Cependant, toutes les pistes qui s’échangent ne sont pas progressistes, loin de là. Car le patronat et la finance ont aussi leurs idées pour le « Monde d’Après », et celles-ci ne sont pas réjouissantes. Or, pourtant, via les gouvernements Macron (« Il faut que tout change pour que rien ne change »), ce sont elles qui sont en train de se mettre en place. Le « Monde d’Après » risque de ressembler plus à « Retour vers le futur » (moins le happy end), qu’à l’Utopie de Thomas More !

Alors à la CGT Framatome, nous vous proposons quelques pistes. OK, c’est un peu en vrac, mais ça couvre à la fois ce que l’on souhaite et comment il faudrait faire pour l’imposer - car soyez-en sûrs, ceux qui sont aux manettes ne seront pas d’accord -, et ce qu’ils tentent déjà de nous imposer et dont on ne veut pas.

Monde du travail

Tract CGT Industrie (PDF)
Tract CGT Framatome Travail moins & mieux (PDF)
Communique CGT ANI Encadrement (PDF)

Nous devons tirer les leçons de la crise du COVID. Parmi ces leçons, figure la nécessité, sur laquelle la CGT insiste depuis des années, de réindustrialiser la France. Il s’agit là de reconquérir une industrie propre à répondre aux besoins sociaux et aux défis environnementaux, et non à la botte des actionnaires. Relocalisation, circuits courts, maîtrise publique, 32h, salaires, investissement, voilà quelques pistes à expérimenter et déployer...

Pour cela, nous devons nous mobiliser tou.t.es pour conquérir le droit à travailler mieux, moins, toutes et tous ! Nous avons besoin de nouveaux « Jours Heureux », d’une vision inspirante, de penser ensemble une nouvelle société. Et à la CGT, nous ne manquons pas d’idées pour aider à faire germer ces réflexions !

Dans cette période de reculs sociaux, la signature par la CGT de l’Accord National Interprofessionnel (ANI) sur l’encadrement ne fait certes que limiter les dégâts déjà faits par la fusion AGIRC-ARRCO. Cependant, cette bataille acharnée de 5 ans a validé la stratégie d’unité syndicale portée par la CGT et son UGICT. Cet ANI ne permet pas au MEDEF de faire, comme il voulait initialement l’imposer, du statut cadre une « médaille en chocolat » octroyée au bon vouloir des employeurs.

Droit aux vacances pour tous

Tract CGT Vacances pour tou.te. (PDF)
Tract CGT Framatome Chèques Vacances (PDF)

Le monde s’est arrêté de tourner pendant quelques mois… Maintenant, depuis qu’a débuté le déconfinement, patronat, gouvernement et médias envahissent les ondes et matraquent leurs discours sur l’indispensable reprise de la production pour « sauver l’économie française de l’écroulement ».

C’est vite oublier l’épreuve que nous avons tous traversé. Entre venir à l’usine ou au magasin la peur au ventre, rester confiné en télétravail, perdre son revenu en chômage partiel (ou « activité partielle » en novlangue marchan(t|d)e) ou se retrouver en arrêt maladie, aucune des solutions n’était réjouissante !

Nous avons tous besoin de vacances pour nous remettre de cette épreuve… heureusement, les Congés Payés existent pour cela, ainsi que la Réduction du temps de Travail et également les Activités Sociales et Culturelles des CSE, malgré les rognages pratiqués ces dernières années !

Or, c’est justement le moment que le gouvernement, inspiré par les voyagistes commerciaux, choisit pour attaquer frontalement un des outils essentiels du tourisme social : les Chèques Vacances ! Chaque année, l’ANCV permet, via son budget d’action sociale, à 250 000 personnes pauvres, isolées, ou en situation de handicap de profiter de vacances. L’ouverture à la concurrence des Chèques Vacances livrera à la convoitise des actionnaires des opérateurs privés les 26 M€ aujourd’hui utilisés à cet effet. Dans le même temps, livrer les Chèques Vacance aux appétits privés les renchérira pour leurs 11 millions de bénéficiaires.

Paroles, paroles… et couteau dans le dos...

Tract CGT Budget des CSE (PDF)
Tract CGT 500 Md€ d’illusion (PDF)
Communiqué CGT STEAM (PDF)

Hélas, nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours… Nous allons reprendre une de nos citations favorites : «  Ne parlez pas d’acquis sociaux, mais de conquis sociaux, parce que le patronat ne désarme jamais  ». C’était Ambroise Croizat, métallurgiste CGT devenu Ministre du Travail, qui s’exprimait ainsi dans l’immédiat après-guerre. Des « acquis » historiques venaient d’être conquis, dont les dernières années nous ont montré que, si on ne les défend pas tous ensemble, ils sont bientôt rognés puis mis à bas. Et maintenant, le COVID et le « Monde d’Après » offrent de nouvelles opportunités à ce patronat qui ne désarme jamais, de revenir en arrière et d’alourdir le joug un temps allégé grâce à des luttes victorieuses. Nous l’illustrerons aujourd’hui sur trois sujets très différents...

D’abord, la déconstruction des Instances Représentatives du Personnel se poursuit méthodiquement. Vous vous rappelez sans doute que nous avions alerté sur une possibilité laissée « négligemment » par les ordonnances Macron, de transférer une partie du budget de fonctionnement du CSE vers les Activités Sociales et Culturelles. La crise du COVID est l’occasion de pousser les CSE à utiliser cette possibilité pour faire semblant de « redonner du pouvoir d’achat » aux salariés sans que les entreprises ne paient, puisque l’on pioche sur un budget déjà existant. Malheureusement pour les CSE, une autre clause fait que cela les empêcherait de payer des expertises pour s’opposer aux plans massifs de licenciements que prépare le patronat, sautant sur l’occasion offerte par le COVID. Il fait insi d’une pierre deux coups, affamant ceux qui pourraient protester en leur faisant payer ce qu’il devrait donner aux salariés, superbe manœuvre opportuniste ! Espérons seulement que les élus des CSE ne s’y laisseront pas prendre...

Ensuite, les « aides » tant clamées par notre président-startupper sont dans leur grande partie … de la poudre aux yeux… Très loin d’avoir tiré les leçons de la crise, il continue à appliquer les vieilles recettes. Une petite pincées de vraies aides, car dans tout mensonge, il faut une part de vérité… Une grosse louche de décisions déjà prises, mais qui ne devaient s’appliquer que maintenant et que l’on met opportunément en lumière… Et surtout une énorme masse de vide, d’incitations pour que les banques et autres investisseurs aillent où on leur dit d’aller, au prix de cadeaux sans contreparties. C’est ce que dénonce le mémo du Pôle Economique de la CGT que nous vous présentons aujourd’hui.

Enfin, très concrètement, bien que sa Majesté Manu Ier répète à l’envie que l’Etat doit reprendre ses responsabilités, que fait-il lorsque l’ex-branche énergie d’Alstom est revendue à la découpe par GE ? Rien, tout simplement rien… Il laisse jouer la « concurrence libre et non faussée », sachant que celle-ci, soumise à l’appétit de cash des « investisseurs », va conduire le branche à la catastrophe. Nous en avons déjà eu la démonstration depuis le rachat de cette branche en 2015 par GE, qui aujourd’hui s’apprête à faire tomber le marteau sur le dernier clou du cercueil. Or, les activités de STEAM, notamment dans le nucléaire, sont vitales pour l’indépendance énergétique de la France, en plus d’être d’importantes pourvoyeuses d’emploi dans les régions. C’est pourquoi la CGT STEAM réclame que cette branche nucléaire passe sous contrôle public, et qu’ait lieu un débat national sur la filière nucléaire, au motif, que nous partageons, que les enjeux soulevés par la transition énergétique relèvent de la souveraineté nationale.